L'immigration, les dangers supposés de l'immigration, ne datent pas d'aujourd'hui. Au temps de l'affaire Dreyfus, les "décrets Millerand" ont tenté de réserver le
travail national aux "francais d'abord". Les résultats n'ont guère été concluants, mais le gouvernement a conduit cette politique pour contenter une opinion publique inquiète.
Les décrets Millerand sont promulgués en aout 1899. Il réglemente le recrutement d'étrangers employés dans les entreprises de travaux publics, qui fixe un maximum d'étrangers à recruter entre 5 à
30 % selon les cas. Ce décret pousse un certain nombre d'employés francais à réclamer des mesures similaires dans leur branche d'activité.
Ce qu'il faut noter, c'est que ces mesures sont prises du fait de la demande ouvrière francaise qui n'est pas dans une optique d'internationalisation mais bel et bien nationale. Cette réaction du
corps ouvrier est du à l'arrivée de travailleurs italiens qui font baisser les salaires. Une partie de l'extreme gauche de l'époque suit les revendications de ses ouvriers en appuyant sur le fait
que ce sont les étrangers les premiers coupables des difficutés que rencontrent les francais. ( Jules Guesde va avoir des propos xénophobe vis à vis des travailleurs étrangers.)
Les mesures ainsi adoptées par les autorités locales à l'encontre des étrangers datent pour la plupart de la décennie 1887-1896 et s'inscrivent dans une conjoncture de difficultés économiques
généralisées.